jeudi 16 juillet 2020

Juste une fois pour essayer - Élodie Garnier





Rien ne prédestinait Élodie et Sara à se rencontrer.
À Paris, Élodie mène une vie à cent à l’heure jusqu’au jour où elle plaque tout pour trouver refuge chez sa grandmère, dans le centre de la France. Là, elle prend ses marques, se reconnecte à elle-même et fait la rencontre de Sara, une trentenaire à la vie bien rangée sur le point de se marier.
Un soir, alors que Sara n’avait jamais ressenti le moindre désir pour une femme, elle lui confie avoir envie d’elle.
Une fois, comme ça.
Juste une fois pour essayer.


C'est totalement par hasard que je suis tombée sur ce livre en parcourant mon fil d'actualité sur Instagram, je n'aime pas la romance en général et encore moins dans la littérature car je trouve les protagonistes et les situations trop exagérés alors comment expliquer que j'ai englouti celui-ci? Sûrement mon expérience personnelle et le fait que je trouve qu'on ne parle pas assez d'homosexualité féminine dans les livres ou du moins pas aussi bien, sans cliché et sans niaiserie!!

Juste une fois pour essayer, c'est l'histoire d'une rencontre imprévue, celle que le destin met sur votre chemin, celle qui vous renverse : l'histoire de Sara et Élodie. Il aura fallu d'une phrase lancée tel un défi pour que l'existence de ces deux êtres soit bouleversé. Une phrase banale dite sans penser aux conséquences, innocemment, c'est bien connu l'inconnu attire mais finalement peut-on essayer juste une fois sans qu'il n'y ait un impact ?

Cette histoire représente un panel de sentiments et d'états différents, le couple passe du malaise à l'apaisement, du bonheur à la tristesse, de la fusion à la scission, c'est une histoire ambivalente, faite de montagne russes et de retournements haletants, à tel point que les chapitres s'enfilent vitesse grand v et qu'il est impossible de lâcher le livre sans se demande où tout cela va nous mener. Plusieurs fois on peut se demander pourquoi l'une des deux ne lâche pas lorsque cela va trop loin mais l'on comprend aussi qu'entre Sara et Elodie c'est une histoire dévorante qui les unie, une tornade d'amour qui marque une vie comme l'on en connait tous au moins une fois quelle que soit notre orientation.

Elodie Garnier maîtrise son sujet à la perfection, elle écrit avec spontanéité, nous raconte la réalité de cet amour, les moments les plus forts avec une plume poétique, on peut dire que pour une première, elle tape fort et met la barre haute pour une éventuelle prochaine publication (c'est toutes et tous ce qu'on espère non? :D). J'ai beaucoup apprécié la façon dont la relation entre deux femmes est abordée, c'est fait avec beaucoup de délicatesse, sans caricature ni préjugé, juste énormément de beauté et de respect <3. 


dimanche 21 juin 2020

Le roman de Molly N - Sophie Carquain




Pour ses amis, sa famille, ses voisins, Molly Norris a disparu en septembre 2010. En quelques jours, presque toute trace de son passage sur Terre a été effacée. Elle a intégré le programme de protection des témoins du FBI. Molly était caricaturiste et elle a pris parti en pleine polémique sur les représentations du prophète Mahomet. Son dessin est devenu viral, les menaces de mort ont afflué, son monde s'est emballé. Cela va faire 10 ans qu'elle a disparu.


J'aime particulièrement découvrir le portrait de ces femmes qui grâce au travail d'un auteur sortent de l'ombre. C'est le cas de Molly Norris, le travail de Sophie Carquain sur cette affaire est époustouflant malgré le côté romancé, elle aborde avec brio certains sujets peu connus ou même méconnus comme par exemple entre autres l'intégration du programme de protection de témoins par le FBI, sa mise en place et ses conséquences.

Le roman de Molly N c'est l'histoire vraie d'une caricaturiste qui n'a pas froid aux yeux et qui refuse d'abandonner devant le danger. Suite à un concours de caricatures du prophète Mahomet, la mauvaise nouvelle tombe, elle devient l'ennemie n°1 et se retrouve menacée par une fatwa, elle disparaît de la circulation en septembre 2010 après avoir intégré le programme de protection des témoins.

Ce livre transpire la passion, c'est le moins que l'on puisse dire ! Sophie Carquain y a mis du coeur et ça se sent, à mi-chemin entre l'enquête journalistique et la biographie romancée, nous faisons la connaissance de Molly N. Découverte par l'auteure à la télévision le 7 janvier 2015 lors de l'attentat contre Charlie Hebdo. Alors que les portraits des dessinateurs apparaissaient à l'écran, celui de la caricaturiste américaine est apparu pour la première fois et n'a jamais plus quitté Sophie Carquain.

L'auteure s'est rendue sur les lieux qu'elle avait l'habitude de fréquenter, est rentrée en contact avec des personnes de son entourage dans le but de s'imprégner de son histoire mais également pour comprendre comment elle en est arrivée à sacrifier sa vie en refusant de renoncer à sa liberté d'expression emportant avec elle dans sa descente infernale, sa fille. 

La liberté d'expression est un débat sans fin, jusqu'à quel point sommes-nous libre? Devons-nous défendre envers et contre tout/tous nos idées? Pouvons-nous rire de tout? Ces dernières années la liberté d'expression a beaucoup souffert à cause de l’idéologie terroriste mais la peur doit-elle empêcher de vivre? 

La deuxième partie de l'histoire est plus axée sur la vie de Molly après sa disparition, bien que les faits soient fictifs, l'immersion est totale et on ne peut s'empêcher de s'attacher aux personnages qui doivent refaire leur vie loin de leur familles, ami(e)s et même animal de compagnie, une attention de tous les instants pour ne pas être découvertes pour éviter que la folie humaine surgisse. 


Gros coup de cœur pour ce livre très documenté et travaillé, il nous invite à nous questionner sur la liberté qui est sacrée mais aussi pour tous ces professionnel(le)s qui sacrifient leur vie au nom de la liberté d'expression pour un monde plus libre! 


lundi 15 juin 2020

Cris - Laurent Gaudé




lls se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M'Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d'où ils s'élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l'insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore, retentit l'horrible cri de ce soldat fou qu'ils imaginent perdu entre les deux lignes du front, " l'homme-cochon ". A l'arrière, Jules, le permissionnaire, s'éloigne vers la vie normale, mais les voix de ses compagnons d'armes le poursuivent avec acharnement. Elles s'élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité.


Lors d'un détour en librairie ce livre m'a sauté au yeux, la couverture, le résumé tout était réuni pour que cela soit une lecture passionnante et instructive et ce fût largement le cas car finalement cette histoire a totalement dépassé mes attentes.

A travers ce roman choral, Laurent Gaudé rend hommage à ces soldats qui ont combattu et vécu les atrocités de cette grande guerre meurtrière. Tour à tour, les voix des soldats prennent vie : Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni et M'Bossolo nous livrent leur combat au coeur des assauts, le quotidien dans les tranchées, la faim, le froid, la mort qui rôde, leurs familles qu'ils ont dû quitter pour défendre leur patrie.

L'horreur qui y est décrite fait froid dans le dos, la narration instaurée par l'auteur rend le livre vivant, chaque détail est percutant et nous ramène à leur réalité, l'immersion est totale, nous suivons chaque personnage prisonnier de cet enfer à ciel ouvert, chacun dans leur rôle mais ensemble quoiqu'il arrive, la fraternité a une place capitale dans ce récit, on le voit notamment avec M'Bossolo qui au péril de sa vie, dépasse ses limites pour sauver son frère de guerre Ripoll.

Laurent Gaudé nous livre un récit d'une puissance rare que nous vivons à travers ses mots : tragique et passionnant, c'est un hommage incroyable pour tous ces hommes qui ont traversé l'enfer tout en se sacrifiant!

vendredi 20 mars 2020

Marlène - Hanni Münzer


Roman historique
Editions l'Archipel
Parution :2020
450 pages


QUI EST LA VÉRITABLE MARLENE ?
Munich, juillet 1944. L’une des femmes les plus recherchées du IIIe Reich se tient face à la maison bombardée de Deborah et de son frère, qu’elle croit enfouis sous les décombres. Si elle était arrivée la veille, Marlene aurait pu les sauver.
Mais qui est au juste cette femme ? La veuve d’un notable connu pour ses sympathies nazies ? Une actrice en devenir ? Une résistante ?
Marlene va devoir prendre l’une des décisions les plus difficiles de sa vie : épargner la vie de millions de personnes… ou sacrifier l’homme qu’elle aime.
Dans le sillage d’Au nom de ma mère, ce roman s’attache au destin d’une femme courageuse, confrontée aux soubresauts de l’Histoire.


La couverture m'a sautée aux yeux, la pub sur les réseaux sociaux par la maison d'édition l'Archipel a fini de me convaincre de me plonger dans ce roman historique se déroulant au coeur de la seconde guerre mondiale,  mon pêché mignon, assez incroyable dit comme ça mais en tant que passionnée par l'Histoire et cette période en particulier, je suis à l’affût de tous les écrits. 

Petite chose avant de commencer, ce livre fait partie d'un série dont la première partie est Au nom de ma mère publié également chez les éditions l'Archipel, je ne m'en suis aperçue qu'à la fin du livre mais cela n'a gâché en rien ma lecture, au contraire une fois le livre posé, je me suis directement procuré Au nom de ma mère (en ebook au vu de l'actualité). 


Marlène est une femme mystérieuse, elle change tel un caméléon, a plusieurs vies comme les chats, elle est étonnante et détonante, qu'est-ce que j'ai aimé ce personnage emblématique qui représente le mouvement de la Résistance, le courage,  l'espoir, la ténacité. D'apparence froide, c'est une femme impitoyable qui porte une histoire chargée de sacrifices, son épopée est stupéfiante et son récit bouleversant.

De plus en plus, la littérature choisit de mettre en scène des femmes au coeur de la guerre et de la Résistance ce qui représente selon moi un véritable hommage à ces héroïnes oubliées, non reconnues pour leur bravoure et leurs actions. Marlène traverse la guerre, multiplie les actions, bien sûr elle ne fait pas toujours les bons choix mais en temps de guerre alors que l'inhumanité règne quel choix est bon ou mauvais?

J'ai aussi beaucoup apprécié que ce roman mette en avant un personnage allemand, cette guerre a été l'une des périodes les plus noires pour l'Allemagne, la dictature installée ne laissait pas le choix notamment pour les soldats propulsés dès le plus jeune âge sur le champs de bataille, formatés pour pourchasser et terroriser, Marlène rencontre certains de ces personnages, cela nous permet d'avoir une vision plus large de ce peuple lui aussi victime de l'idéologie nazie.

Hanni Münzer nous offre un roman très complet sur cette triste période, enrichi par des citations, des dates importantes, des fragments d'Histoire à chaque début de chapitre. Marlène est inoubliable, son histoire est passionnante, c'est avec grand plaisir que je continue la découverte de cette série et que je lirai d'autres ouvrages de l'auteure.



Blue Pearl - Paula Jacques


Jeunesse/historique
Editions Gallimard jeunesse
Parution :2020
171 pages


«Je m’appelle Eliza Burlington. Je suis née esclave de Sir Thomas Burlington dont la plantation se trouvait à six miles environ de Suffolk, dans l’État de Virginie. Je lui ai appartenu pendant une douzaine d’années au même titre qu’un chien, une mule ou un meuble de maison.»


Coup de coeur en découvrant ce livre. Il y a des livres que l'on croise et qu'il nous faut sur le champ, je n'ai donc pas réfléchi longtemps avant de l'embarquer pour découvrir cette histoire au résumé prometteur. Je tiens à souligner les publications de qualité de plus en plus présentes chez les éditeurs de littérature jeunesse, qu'est-ce que c'est plaisant de voir des sujets historiques et sociétaux de plus en plus exploités!

C'est en revoyant la poupée de son enfance que Lizzie replonge dans le passé, nous emmenant  au plus près de ses souvenirs. Née sur une plantation, fille d'esclave et esclave elle-même, elle nous raconte son histoire et celle de sa mère enlevée à son pays et achetée sur un marché par des "négriers" blancs.

Lizzie nous raconte son enfance au sein de la plantation, de la grande maison de ses propriétaires dans laquelle sa mère faisait la cuisine, le jeune Luther convaincu qu'il pouvait échapper à cette vie d'esclave grâce à Abraham Lincoln, la guerre de sécession débutant à la fin du printemps 1861, opposé à la fin de l'esclavage, son maître Sir Burlington s'engagea, le casseur de nègre qui le remplaça et puis Laura May sa jeune maîtresse remplie de cruauté.

Triste période historique que l'on connait et qui pourtant fait froid dans le dos à chaque rappel. Le récit d'Eliza est un crève coeur mais il insuffle également un vent d'espoir. La violence et l'injustice décrites sont insoutenables et nous rappellent à quel point la différence de couleur de peau est injustifiable et inhumaine, il est honteux de se rendre compte qu'être blanc dans notre monde est un privilège. L'écriture de Paula Jacques est délicieuse, ses messages sont essentiels, on ne répétera jamais assez que la liberté est sacrée, Eliza nous le dit tellement bien..


jeudi 23 janvier 2020

Iboga - Christian Blanchard


Thriller
Editions Belfond
Parution :2018
299 pages


28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d'arrêt de Fresnes. Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la " Louisette ".
Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d'honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour.
Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.
Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir...

Deux ans auparavant, Jefferson avait rencontré Max, son protecteur et mentor. Iboga était alors entré en lui. Iboga l'avait rendu plus puissant. Immortel. Meurtrier.



Que celui qui n'a pas entendu parler de ce livre, lève la main ! Quand les réseaux sociaux se sont retrouvés envahis par ce livre, je ne m'y suis pas intéressée et puis lors d'une occasion j'ai pu me le procurer alors j'ai décidé de découvrir l'histoire d'Iboga ou plutôt de Jefferson Petitbois, ce personnage condamné à mort

Une plongée entraînante dans les méandres de la psychologie humaine dans ce qu'elle a de plus profond et sombre. On ne ressort pas indemne de ce récit, poussé dans ses retranchements Jefferson nous livre ses pensées les plus noires, pas de détails superflus, ou d'hémoglobine qui nous asperge mais plutôt de longs questionnements sur ce qui l'a poussé à enlever des vies à un si jeune âge. Un début dans la vie chaotique, un parcours atypique, une mauvaise rencontre, en bref une succession d’événements qui l'a entraînée dans une chute sans fin et presque mortelle. 

Lors de sa rencontre avec Max, Jefferson nous parle d'Iboga, pendant un long moment  je me suis posée la question, tout en ayant une petite idée sur le sujet de ce que cela pouvait être. L'Iboga est une plante utilisée en médecine traditionnelle africaine, elle provoque des hallucinations, chacun peut donc en tirer les conclusions qu'il veut sur son récit qui devient alors complexe à cerner, c'est ce que j'ai le plus aimé.

Un livre passionnant, tellement triste mais beau. Quasiment lu d'une traite, j'ai tout de suite accroché au personnage principal tombé en enfer. L'auteur nous décrit l'enfer carcéral et la solitude comme jamais je ne les avais lus auparavant, la déchéance de l'être humain façonné par une vie malheureuse, c'est pesant, sombre mais très réussi !

samedi 18 janvier 2020

Fonteclose - Le trésor de Charette - Vanessa Pontet


Historique - Jeunesse - Fantastique
Editions Slalom
Parution :2019
302 pages


Au XXIe siècle, Fonteclose, le manoir du Général Charette, est racheté par un couple de restaurateurs parisiens et leurs enfants. Mais la demeure est déjà " habitée ".

Depuis la Révolution française et la révolte des Vendéens, le Comte Erwan de Parenssay et sa famille sont prisonniers du domaine. Trois siècles pendant lesquels ils ont veillé sur le trésor de Charette, le plus célèbre de Vendée. Des caisses d'or que beaucoup cherchent encore.



Difficile de résister à cette magnifique couverture illustrée par Anne-Lise Nalin et au résumé prometteur, avec en prime la découverte d'une nouvelle auteure et d'une nouvelle maison d'éditons : je dis OUI!

C'est parti pour une croisée entre plusieurs genres littéraires : jeunesse, fantastique, historique, en bref un sacré combo gagnant dont on ne peut que ressortir ravi et c'est mon cas. Ça commence par le déménagement banal d'une famille dans un manoir peuplé de fantômes prêts à en découdre et d'un mystère qui nous met sur le chemin d'une véritable chasse au trésor, alléchant, n'est-ce pas?

Les personnages de ce roman sont pour la plupart atypiques, effectivement lorsque deux périodes se confrontent c'est plutôt comique surtout quand l'avancée technologique se retrouve au coeur du problème. Parce que oui, comment faire peur aux vivants quand les ondes de la wi-fi, de la tv ... vous rendent visibles? Les éternels se retrouvent démunis devant cette famille de vivants qui n'est pas prête à lever le camp et en même temps, pourquoi chasser les vivants quand ils pourraient être la solution à tous les problèmes? C'est ainsi que les deux familles vont cohabiter en essayant de trouver un terrain d'entente.

Une belle aventure Vendéenne au passé enrichissant et passionnant, inspirée d'une histoire vraie, Vanessa Pontet nous entraîne  sur le chemin du Roi de Vendée : le général François Athanase Charette de la Contrie ayant  combattu les Républicains après la Révolution Française. Selon la  légende, le trésor du général fût débarqué en plein guerre de Vendée sur la côte de Saint-Jean de Monts, celui-ci aurait ordonné de jeter un coffre d'or dans un des puits de charbonniers, depuis le mystère reste entier. 

Un périple addictif de qualité à ne pas louper!