lundi 11 novembre 2019

Le secret de Cricket Hall - James Herbert


Thriller/Horreur
Editions Milady
Parution :2011
764 pages


Crickley Hall : une vieille demeure comme on n en trouve que dans les régions reculées de l Angleterre. Vaste et sinistre, elle a même l air un peu menaçant.

Lorsque Gabe et Eve Caleigh viennent s'y installer avec leurs deux petites filles, ils espèrent y trouver la paix, et tourner la page sur le terrible malheur qui a frappé leur famille.
Mais quelque chose ne va pas... Bientôt des bruits inexplicables les arrachent au sommeil. Les enfants sont les seuls témoins d étranges apparitions. Et, chaque matin, la porte de la cave est entrouverte alors qu on l avait fermée la veille.
Cette maison est le dernier endroit que les Caleigh auraient dû choisir. L'horreur qui les y attend dépasse tout ce qu ils pouvaient imaginer.



Deux ans et demi, c'est le temps que ce livre a passé dans ma bibliothèque avant que je  décide de le lire, pas d'excuse car rien qu'à voir sa couverture, on peut se dire que ce roman d'horreur a du potentiel, encore plus en période halloweenesque!

C'est vrai la couverture donne le ton, elle illustre plutôt bien le contenu qui nous attend et nous plonge sans tarder dans l'histoire de cette vielle demeure aux côtés de la famille Caleigh. 

La famille Caleigh prend un nouveau départ suite à une tragédie familiale qui les a tous traumatisés, ils intègrent le manoir sans connaitre son histoire et dès les premiers jours des événements mystérieux se déroulent. D'abord la porte de la cave s'ouvre la nuit alors qu'elle est verrouillée la veille, des flaques d'eau apparaissent, des bruits bizarres se font entendre comme des cognements ou des pas dans le grenier et pour couronner le tout le chien de la famille hurle à la mort et tremble comme une feuille à chaque fois qu'il se retrouve seul.

Faits classiques d'une histoire d'horreur mais ces éléments créent une ambiance sombre se faisant de plus en plus pesante à mesure que les jours passent, encore plus lorsque les membres de la famille commencent à se faire agresser. A la rencontre des nouveaux locataires, les langues se délient et les villageois bien qu'étonnés par leur présence n'hésitent à leur fournir des informations sur l'histoire sanglante de Cricket Hall.

James Herbert a l'art et la manière d'instaurer un climat angoissant, amplifié par la situation de la famille car en parallèle de l'histoire de ce vieux manoir, nous apprenons que Gabe et Eve ont du faire face à la disparition d'un de leurs enfants. L'enquête se poursuit, la famille est sous tension et s'interroge quant à sa finalité, en effet, le garçon  a disparu alors qu'Eve était assoupie sur un banc au parc. Kidnapping ou étrange disparition?

Je ne peux que recommander Cricket Hall aux amateurs de frissons, derrière ce manoir se cache un sombre secret, une tragédie sous fond de seconde guerre mondiale dans laquelle plusieurs thématiques sont abordées. Pas de grosse surprise dans ce roman d'ambiance mais le dénouement terrorisant et l'écriture descriptive de l'auteur valent le détour!


lundi 28 octobre 2019

Au rendez-vous des âmes libres - Denis Faïck


Roman historique
Editions Fleuve
Parution :2019
288 pages


Au crépuscule de sa vie, Eugène croise le chemin d'une jeune infirmière à qui il livre ses souvenirs de la Résistance. Ces réminiscences, parfois teintées de tristesse, parfois éclatantes d'espoir, convoquent également ses amis : ils s'appellent Eva, Romain, Raoul, Armand, Marinette... Ils ont vingt ans, autant dire la vie devant eux. La vie de ces héros ordinaires, qui ont choisi d'intégrer un réseau de combattants, s'égrène en réunions secrètes, en exécutions et en torture.


La seconde guerre mondiale est une période historique qui m'intéresse particulièrement, je ne loupe jamais une occasion de découvrir un nouveau roman ou un(e) nouvel(le) auteur(e). Grâce à la masse critique Babélio, j'ai eu la chance d'être sélectionnée pour présenter ce livre, c'est donc avec plaisir que je me suis lancée au cœur des souvenirs d'Eugène.

Lors de l'intervention de son infirmière, Eugène va livrer ses souvenirs de la Résistance, lui et sa bande de copains Résistants à l'âge de 20 ans, des héros de l'ombre qui ont choisi de combattre l'ennemi à leurs risques et périls. Des souvenirs glaçants, l'auteur n'hésitent pas à décrire l’innommable, la violence, les séances de tortures, le sang, les os brisés toute la cruauté que cette monstrueuse guerre a engendrée, toutes ces vies volées, l'humanité arrachée.

De tous les romans que j'aie pu lire sur cette période ou sur la Résistance en particulier, celui-ci fait fort, la Résistance y est décrite comme jamais, les chapitres sont courts et plus nous entrons dans la mémoire d'Eugène plus la tension monte. Impossible de ne pas avoir peur pour Eugène, Eva, Romain, Raoul, Armand, Marinette et tous les autres, nous sommes sur le qui-vive du début à la fin et bien sûr chaque tragédie a un effet percutant.

Ce qui est beau et tragique à la fois, c'est cette bande d'amis qui s'unit devant l'horreur mais qui reste humaine malgré tout, la vie l'emporte sur la mort qui rôde autour d'eux parce que après tout, ils sont jeunes et ont la vie devant eux, aussi sombre soit elle.

A la fin, le titre du livre prend tout son sens... Tout simplement un bel hommage à la Résistance, une ode à la liberté, la vie, l'amitié. L'écriture de l'auteur vaut vraiment le détour, elle est belle et sans pitié, c'est une excellente découverte que je recommande à tous les lecteurs qui voudraient découvrir un style d'écriture qui sort de l'ordinaire et qui n'épargne pas !


dimanche 27 octobre 2019

Pour un sourire de Milad - Silène Edgar



Roman jeunesse
Editions Scrineo
Parution :2019
292 pages


Thisbée est une adolescente joyeuse et bienveillante, partagée entre ses amis, ses cours et ses problèmes familiaux. Elle vit très mal le divorce de ses parents et la séparation avec sa jumelle, Juliette, qui est partie dans un autre lycée.

Elle tombe sous le charme de Milad, un réfugié syrien que sa classe vient d'accueillir. Est-elle attirée par sa différence, son intelligence, son aura d'ombre et de mystère ? Par le drame qu'il vit, séparé de sa jeune sœur après la noyade de leur mère en Méditerranée ?

Milad va se confier à elle et lui avouer son désir de réaliser sa légende familiale : s'il réussit à être heureux 21 jours d'affilée, les fantômes de ses ancêtres le récompenseront et lui permettront de retrouver sa sœur...


J'ai eu la chance de rencontrer Silène Edgar lors de deux salons du livre et ce furent à deux reprises de beaux échanges autour de ses livres : 14-14Adèle et les noces de la reine MargotLe manoir en folie, (mes premiers articles du blog :)) ), C'était il y'a 5 ans, 5 ans plus tard, je me suis pas mal éloignée des romans jeunesse, par lassitude, par manque de temps toutçatoutça, mais voilà il parait que l'on revient toujours à ses premiers amours alors j'y reviens avec plaisir ! 

Découvert sur Instagram, je n'ai pas réfléchi longtemps avant de me procurer ce livre dans lequel Silène Edgar va aborder un sujet plus que d'actualité : les migrants et plus particulièrement les réfugiés mineurs isolés à travers le personnage de Milad.

L'arrivée de Milad dans la classe de seconde ne va pas laisser les élèves sans réaction. D'un côté, il y a Thisbée qui va tomber sous son charme et qui ne va pas tarder à ce rapprocher de ce nouvel élève intriguant. De l'autre côté, il y a d'autres élèves qui eux ne vont pas voir les choses de la même façon et qui ne vont pas se gêner pour lui faire des remarques désobligeantes. Dans cette histoire, nous sommes en plein cœur de l'adolescence et chaque personnage a ses casseroles à traîner notamment Thisbée qui se retrouve perdue au milieu du divorce de ses parents et de sa séparation avec sa sœur jumelles qui a fait le choix d'aller dans un autre lycée. Milad quant à lui se retrouve seul, séparé de sa soeur, envoyé en famille d'accueil car il n'a plus de parents, il doit apprendre à s'adapter à une toute nouvelle vie qui n'est pas simple à appréhender lorsque l'on a perdu tout le monde.

J'ai beaucoup aimé la rencontre entre Thisbée et Milad, ils sont tous deux un repère l'un pour l'autre et se raccrochent à ce lien qui les uni avec des problèmes différents mais qui sont tout aussi importants, l'auteure adresse un vrai message à ce propos et qu'est-ce qu'elle a raison, chaque problème à son importance et doit être pris en compte quel que soit son degré. L'amitié, la famille, l'amour sont des sujets que l'on retrouve tout au long de l'histoire et qui sont traités de façon réaliste et bien dosée.

Mais ce que j'ai apprécié par dessus tout c'est le sujet principal humainement exploité, Silène Edgar tape fort en parlant d'un mineur isolé, sujet mal connu/compris d'un grand nombre de personnes, source d'idées reçues stigmatisantes, de haine, de bêtise humaine, bref on a tous été confronté un jour ou un autre à une personne capable de sortir toutes les inepties possibles et inimaginables (rien que sur les réseaux sociaux, ça envoie du lourd)! Elle emmène le lecteur vers une réflexion en expliquant le parcours de Milad, comment, pourquoi il est arrivé en France, ses conditions de vie, la perte de sa mère, la séparation avec sa sœur et à la fin nous avons en complément le témoignage d'une épidémiologiste, la présentation de la Syrie, de la guerre.

C'est pour moi un roman de qualité qu'il est nécessaire de lire à n'importe quel âge, il encourage la tolérance et l'ouverture à l'autre qui sont pour moi de grandes qualités à avoir pour évoluer dans la vie ! Merci Silène Edgar, c'est une réussite...

samedi 14 septembre 2019

La Police des fleurs, des arbres et des forêts - Romain Puértolas


Roman polar-contemporain
Editions Albin Michel
Parution :2019
344 pages


Durant la canicule de 1961, un officier de policier est envoyé en mission dans un petit village reculé. Il doit enquêter sur la mort de Joël, un adolescent de 16 ans dont le corps a été retrouvé découpé en morceaux dans une usine à confiture. Ses investigations sont mises à mal quand il découvre que la victime a été enterrée après qu'une autopsie ait été réalisée par le vétérinaire.


Comme beaucoup de monde, j'ai découvert cet auteur avec le fakir et puis la découverte de cet auteur m'a tellement plu que j'ai poursuivis avec ses autres titres notamment avec Re-vive l'empereur qui avait été un gros coup de cœur. C'est avec grand plaisir que j'ai accepté de découvrir ce nouvel opus tout aussi fantasque que les précédents, prévu en librairie le 2 octobre prochain.

Un officier de police est envoyé dans un village nommé P, tout droit venu de la ville, le voilà complètement dépaysé par le comportement et les habitudes des campagnards qui ne s'embêtent pas à suivre les procédures et encore moins à respecter la loi. C'est ainsi que le vétérinaire du village va s'occuper de l'autopsie de la jeune victime, découverte découpée en morceaux et éparpillée dans les sacs des Galeries Lafayettes.

Quel plaisir de retrouver la plume de Romain Puértolas, c'est un peu comme la madeleine de proust, un bonbon que l'on prend le temps de savourer parce qu'il est tellement bon... C'est tellement bon de se retrouver dans un contexte totalement abracadabrant mais que l'on peut quand même facilement reconnaître lorsque l'on vient de la campagne. J'ai adoré ce jeune inspecteur complètement paumé au milieu de cet environnement inconnu si bien décrit,  avec des odeurs que l'on peut sentir rien qu'en lisant, la façon qu'ont les villageois de se prénommer en mettant toujours "le" devant le prénom, bref, une ambiance à "la soupe aux choux" avec une enquête en plus!

L'originalité de ce roman, c'est qu'il est construit sur des échanges épistolaires entre l'inspecteur et la procureure de la République en charge de l'affaire qui secoue le village, nous avons donc des annexes, des enregistrements d'auditions mais aussi plusieurs types de lettres en plus de celles de l'inspecteur et de la procureure au fil du roman.

J'ai tellement rigolé en fermant ce livre, car si j'ai suivi de près cette enquête atypique, je n'ai rien vu arriver, persuadée que finalement à part des personnages loufoques, une enquêtes tirée par les cheveux et un hommage de l'auteur à son enfance passé à la campagne (ce qui est déjà pas mal dit comme ça), il n'y avait pas vraiment de surprises. Pour moi, cette histoire est un beau clin d’œil à la condition animale!

Félicitations Romain Puértolas, non seulement j'adhère +++ mais en plus je recommande à 1000% !


"Disons que je suis toujours un peu révolté lorsque j'entends quelqu'un s'exclamer "Hitler était inhumain!", alors que ce qu'il a fait, sans l'approuver cela va sans dire, est, au contraire très humain. Incontestablement humain même ! Vous connaissez beaucoup d'animaux vous, qui construiraient des camps de concentration pour y exterminer d'autres animaux à cause de leur couleur de peau ou leur religion?"

La police des fleurs, des arbres et des forêts par Puértolas

dimanche 1 septembre 2019

Le bal des folles - Victoria Mas


Roman historique
Editions Albin Michel
Parution :2019
256 pages


Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève.


Je ne suis pas particulièrement attirée par la rentrée littéraire, mais il faut avouer que certaines pépites se repèrent de loin. Un roman historique tiré de faits réels et qui plus est en milieu psychiatrique, il n'en fallait pas plus, j'ai succombé à la tentation au premier regard, c'est beau non? :p

Au 19 ème siècle, le bal des folles était un bal célèbre de l'hospice de la Salpêtrière à Paris dans lequel de nombreuses personnalités s'y retrouvaient. Le service des maladies nerveuses, les hystériques, les épileptiques et même des femmes internées pour des raisons aussi idiotes qu'absurdes était ouvert le jour de la Mi-Carême afin que les pensionnaires soient vues de tous. Les sujets du professeur Charcot célèbre neurologue étaient ainsi mis sur le devant de la scène afin d'admirer son travail...


L'auteure dresse le portrait de 3 femmes Louise, Geneviève et Eugénie, 3 femmes que tout oppose mais qui finalement vont se rejoindre par leurs histoires. Louise est une internée connue pour ses crises, elle est d'ailleurs souvent le sujet du Professeur Charcot lors des cours sur l'hystérie et l'hypnose, Geneviève est l'infirmière en chef passionnée par son travail, elle adule le Professeur Charcot jusqu'à sa rencontre avec Eugénie, une nouvelle pensionnaire qui va lui faire revoir son métier d'une autre manière, après tant d'années à exercer et à admirer les professionnels, est-il toujours possible de garder l'esprit clair?

Une excellente lecture qui dénonce la condition féminine à cette période mais aussi la psychiatrie et ses méthodes complètement aberrantes. Les femmes se retrouvent internées pour n'importe quelle raison, de la veuve trop éplorée au goût de sa belle-mère, à la prostitué, en passant par tout un tas de raisons toutes plus abracadabrantes, la Salpêtrière est le lieu de tous les maux et surtout le lieu des âmes que l'on ne veut pas entendre.  L'ambiance malsaine, sombre du bâtiment est très bien retranscrite par Victoria Mas, nous assistons à ce qu'il s'y passe, impuissants, avec des frissons car tout simplement cette vue d'ensemble fait froid dans le dos lorsque l'on sait que les faits sont en partie réels et que tout ceci a existé pendant plusieurs décennies, siècles avant que les mentalités n'évoluent.


J'ai apprécié découvrir une autre facette de l'hôpital de la Salpêtrière et ce contexte historique n'ayant pas que des mauvais côtés notamment grâce au Professeur Charcot qui a réussi à démontrer ce qu'était l'hystérie à travers différents travaux, cours et expérimentations sous hypnose, il est bon d'apprendre et comprendre comment la médecine a évolué et grâce à qui.

Au final l'auteur nous offre un roman historique riche et dense, très bien documenté qui nous fait passer par un panel d'émotions. Les personnages eux nous apportent un goût apaisant de solidarité et d'humanité, dans un contexte aussi dur, c'est carrément la cerise sur le gâteau ! 


lundi 26 août 2019

Madame Einstein - Marie Benedict


Historique
Editions 10/18
Parution :2019
380 pages


Zurich, 1886. Mileva Maric quitte sa Serbie natale et décide de braver la misogynie de l'époque pour vivre sa passion de la science. À l'Institut polytechnique, cette étrangère affublée d'une jambe boiteuse, seule femme de sa promotion, est méprisée par tous ses camarades. Tous, sauf un étudiant juif farfelu, aux cheveux ébouriffés, stigmatisé par sa religion. C'est Albert Einstein. Les deux parias tombent aussitôt amoureux. Et élaborent ensemble leur pensée scientifique. Mais y a-t-il de la place pour deux génies dans un même couple ? 


C'est d'abord la couverture qui m'a tapée dans l'oeil et bien sûr le fait que ce livre rende hommage à une femme de l'ombre : Milena Maric, la première femme de Albert Einstein.

Milena Maric avait tout pour elle malgré sa claudication qui était source de raillerie durant ses jeunes années. Dotée d'un potentiel intellectuel évident son père l'a poussé vers le chemin de la réussite notamment en l'encourageant à faire de longues études dans les meilleures écoles, c'est d'ailleurs sur les bancs de l'institut polytechnique de Zurich qu'elle rencontre Albert Einstein

Leur histoire débute par une amitié mais va très vite se transformer en une relation amoureuse malgré les réticences de leurs familles respectives. En effet, il était convenu que Milena suive assidûment ses études mais le destin va se mettre au travers son chemin, elle tombera enceinte avant de passer son diplôme. Milena repart chez ses parent pour s'éloigner de Zurich et s'occuper de leur fille, Albert lui continue son chemin sans vraiment se rendre compte de la situation et va même jusqu'à demander à Milena de revenir car il a besoin de sa femme sans conviée leur fille qui malheureusement sera emportée par la maladie quelques mois après.

Marie Bénédict dresse le portrait d'une femme de l'ombre qui a vu son destin sacrifié au détriment de celui de son mari, Albert Einstein. La condition des femmes à cette période est difficile, en général leur rôle est d'être aux petits soins pour leur mari et de s'occuper des enfants. C'est ce que va faire Milena malgré la carrière vers laquelle elle se destinait, son quotidien s'assombrit de plus en plus et elle se retrouve dans une vie de mère au foyer. Elle s'occupe de ses 2 enfants, prend soin de la maison, soutient Albert dans ses recherches et va même jusqu'à l'accompagner dans certains travaux en apportant son savoir, tout ça encore et toujours dans l'ombre...

Au final, malgré un potentiel intellectuel élevé, Milena s'est retrouvée piégée au sein de ce couple dans lequel il n'y avait de place que pour un génie et à dû subir les absences mais aussi les humiliations de ce mari prêt à tout pour être reconnu quitte à reléguer sa famille au second plan. Malgré l'époque et le peu de place qu'avaient les femmes, Mileva a tout même su prendre la parole, tenir tête à Albert et à mis un terme à cette histoire qui avec le temps n'en était plus une. En 1919, Milena et Albert Einstein divorce, Milena part avec les enfants en exigeant de recevoir une partie de la somme d'argent du prix Nobel pour le travail qu'elle a fourni dans l'ombre mais aussi pour élever ses 2 enfants avant de tomber dans l'oubli. Albert Einstein quant à lui, s'est remarié avec .... sa cousine, rien que ça!

A noter que la perte (mort ou adoption?) de Liserl, la fille aînée du couple a été une véritable tragédie dans la vie de Milena dont elle ne s'est jamais remise, l'auteure fait énormément référence à elle dans le récit.



samedi 17 août 2019

Matilda - Roald Dahl


Jeunesse/fantastique
Editions Gallimard Jeunesse
Parution :2019
263 pages


A l'âge de cinq ans, Matilda sait lire et a dévoré tous les classiques de la littérature. Pourtant, son existence est loin d'être facile, entre une mère indifférente, abrutie par la télévision et un père d'une franche malhonnêteté. Sans oublier Mlle Legourdin, la directrice de l'école, personnage redoutable qui voue à tous les enfants une haine implacable.


Cette année Matilda fête ses 30 ans, et moi aussi. Alors quand je suis passée devant cette édition collector, je l'ai tout de suite embarquée. Comme beaucoup de personnes de mon âge, j'ai découvert Matilda en primaire, je l'ai tellement aimée que mes parents m'en avaient offert un exemplaire pour Noël. Cette relecture fut un véritable plaisir, Matilda est à Roald Dahl tout comme la madeleine est à Marcel Proust, c'est délicieusement bon !

Quel plaisir de retrouver Matilda, cette petite fille ayant une soif de connaissances inépuisable et qui ne ressemble à aucune autre.  Mais quel plaisir également de retrouver l'ensemble des personnages bons ou mauvais, tous apportent quelque chose d'unique qui rend cette histoire si distrayante et passionnante.


L'univers de Matilda est singulier et extraordinaire, malgré le côté comique qui peut ressortir de certains passages, Roald Dahl fait passer des messages notamment en opposant les adultes aux enfants, la majorité des enfants rencontrés dans ce roman sont loin d'être des terreurs ce qui n'est pas le cas des adultes, les parents Verdebois et Mlle Legourdin, escroquerie, violence, incivilité ont un sacré palmarès à leur actif.

21 ans après la première lecture, rien n'a changé, Matilda fait partie des livres qui m'ont fait aimer la lecture, la magie de Roald Dahl a fonctionné, en inventant une petite fille passionnée par les livres, il a passionné des milliers d'enfants et en passionne encore, Matilda traverse les générations. Un retour en enfance réussi !

Petit plus de cette magnifique édition, Quentin Blake a imaginé ce qu'est devenue Matilda à travers un dépliant proposant plusieurs métiers, à chacun son imagination!