dimanche 22 novembre 2020

La clé du coeur - Kathryn Hughes

 



Années 50
Amy, une jeune femme désespérée,
tente de se noyer suite à la mort de sa mère.
Le lendemain, son père n’a pas le choix :
il l ’envoie à Ambergate, austère hôpital psychiatrique.
Pour Amy, qui est loin d ’être folle, ce sera le théâtre
de terribles drames, et d ’amours interdites.

50 ans plus tard…
Sarah se met à fouiller les vestiges d ’Ambergate
La clé qui offrira l ’amour et la paix intérieure
à celles qui les ont tant recherchés.


Magnifique et poignant roman inspiré de l'histoire vraie de l'asile de Willard (New-York) dans lequel à été retrouvé lors de sa fermeture + de 400 valises abandonnées.

Un soir de novembre 1956, Amy, une jeune femme désespérée par la mort de sa mère, tente de se noyer. Le lendemain, son père prend la décision de l’emmener à Ambergate, un austère hôpital psychiatrique. Pour Amy, qui est loin d’être folle, ce sera le théâtre de terribles drames, et d’amours interdites.

Cinquante ans plus tard, Sarah se met à fouiller les vestiges d’Ambergate dans le but d’écrire un livre. L’asile abandonné va alors livrer ses plus sombres secrets. 

Kathryn Hughes arrive brillamment à alterner et à rassembler les époques, sa plume addictive ne nous laisse pas l'occasion de lever le nez du livre. La psychologie des personnages est finement construite et aboutie de même que le sujet abordé est amené de la plus belle des manières. 

Derrière un sujet lourd sur la condition des patients internés dans les anciennes institutions se cache une histoire à la fois cruelle et belle. Une ambiance pleine de secret qui tout au long du roman nous embarque en nous faisant passé par tout un tas d'émotions, c'est puissant et captivant ! 


Les enfants perdus de St Margaret

 



1956. Ivy Jenkins s’apprête à donner naissance à son premier enfant. Mais la société puritaine britannique des années 50 ne lui permettra pas de profiter de ce bonheur. Abandonnée par son amant, répudiée par sa famille, elle est internée de force à St. Margaret, un couvent pour mères célibataires. Très rapidement, l’institution la sépare de son enfant.
2017. Samantha Harper, une jeune journaliste, tombe sur des lettres déchirantes qui révèlent les terribles conditions de détention d’Ivy Jenkins à St. Margaret. Au fil de ses recherches, elle découvre une série de morts suspectes. Alors que le couvent est sur le point d'être démoli, il ne lui reste plus que quelques heures pour faire émerger la vérité. Avant qu’elle ne soit ensevelie à jamais...


Un premier roman à l'écriture délicieuse, inspiré de faits réels mettant en lumière ces foyers pour fille-mere tenus par des religieuses sadiques. Nous suivons parallèlement Ivy Jenkins en 1956 prête à donner naissance à son 1er enfant à St Margaret et en 2017 Samantha Harper une journaliste découvrant suite à ses recherches sur le lieu une série de morts suspectes.

Dénoncés dans des témoignages ces lieux maudits ont fait la une de l'actualité notamment en Irlande. Les jeunes filles étaient non seulement forcées d'abandonner leur enfant mais elles vivaient aussi dans des conditions de vie atroce abandonnées de tous. A cette époque, nous pouvons voir à quel point la religion catholique était le pilier d'une société et la solution de tout problème, les familles étaient trop aveuglées pour voir la cruauté et la perversion de ces foyers qui prirent tant de vie.

Un beau travail de recherche mêlé à une bonne dose de suspens soupoudré par des révélations alléchantes et des personnages plus attachants que jamais, une réussite qui se dévore en peu de temps et qui restera longtemps gravée dans ma mémoire mais aussi dans ma bibliothèque. 

lundi 17 août 2020

Pas si calme - Helen Zenna Smith

 



Pas si clame relate l'épopée quotidienne de six jeunes Anglaises engagée volontaires dans le service ambulancier pendant la guerre de 14. Leur mission: recueillir les corps martyrisés des morts et de blessés, transporter les survivants souvent abominablement mutilés ou hurlant de douleur, jusqu'aux hôpitaux qui pour beaucoup seront leur dernière demeure. Ces "glorieuses filles d'Angleterre" vont découvrir la géographie de l'Enfer, ce que l'on appelle la "Zone interdite", un désert labouré d'obus qui sépare les tranchées de l'arrière. A terme de chaque voyage macabre dans le froid et dans la nuit, de nouvelle épreuves les attendent; les corvées de caserne les plus rebutantes, les nuits sans sommeil, l'insalubrité, l'invasion de la vermine, la plus innommable des pitances militaires.


Pas si calme relate le quotidien des ambulancières durant la première guerre mondiale, Helen Zenna Smith nous fait part de l'horreur dans son journal tout en y décrivant la réalité du champs de bataille, l'absurdité des discours de la grande société qui organise des réunions de recrutement pour envoyer de nouvelles recrues à la boucherie en leur parlant de médailles, de tradition...se réjouissant au passage des armes de destruction massive comme les lances flammes. Une guerre qui ne sert qu'à se venger et à voler des vies.

Un témoignage haut en couleur qui dénonce le carnage qu'à pu être cette guerre, les conditions de vie extrêmes, la mort omniprésente mais elle nous conte aussi la solidarité, la fraternité, le courage de ces femmes qui ont joué un rôle capital.

Merci aux éditions 10/18 de publier ce genre de document tombé dans l'oubli, pourtant si nécessaire au devoir de mémoire et qui prouve que les femmes ont été présentes tout au long de l'Histoire et ce quelles que soient les conditions. Un récit incontournable!

dimanche 16 août 2020

Terrible vertu - Ellen Feldman

 


Élevée dans un milieu pauvre, par une mère épuisée par treize grossesses, Margaret se fait très jeune le serment de ne jamais subir la vie d’une femme au foyer. Devenue infirmière à une époque où la contraception est illégale, elle décide de se consacrer aux femmes et met sur pied en 1916 la première clinique clandestine de contrôle des naissances. C’est le début d’une vie de luttes enfiévrées qui la conduiront à créer en 1952 le planning familial, avant de militer, par tous les moyens, pour la légalisation de la pilule. Son acharnement la conduira plusieurs fois en prison, elle sera contrainte de fuir les États-Unis pour l’Angleterre et la France, où, là encore, toujours aussi indomptable et provocante, elle poursuivra son inlassable combat pour l’égalité des sexes.



" Le devoir d'une femme : regarder le monde bien en face, avec une lueur infernale dans les yeux ; avoir un idéal ; parler et agir en dépit de toutes les conventions"


Bien sûr je ne pouvais pas passer à côté d'un livre romançant la vie de Margaret Higgins Sanger, la femme qui prônait une liberté, à tout prix. Travaillant du côté médical et médico-social, il est toujours bon de s'informer sur certains sujets et notamment d'en comprendre le sens et son Histoire. Ainsi, j'ai voulu en apprendre un peu plus sur la mère du planning familial, celle qui a résisté à une époque où la femme n'avait pas la parole et où le patriarcat régnait. 

Ellen Feldman nous conte une vie hors des conventions, dès toute jeune, les soeurs de Margaret Sanger la pousse à avoir de l'ambition, à ne pas suivre les diktats imposée aux femmes de l'époque. C'est ainsi qu'elle va s’engager comme infirmière et sage-femme et travailler dans des quartiers où les femmes subissent des grossesses à répétition mais aussi des fausses couches et des avortements clandestins. 

Suite à cette expérience, elle commence à militer en faveur de la contraception, notamment en publiant des articles dans un journal socialiste puis ensuite dans son propre journal, le combat est rude et incompris par la majorité des gens qui ne comprennent pas qu'une femme puisse être enceinte que lorsqu'elle en a envie, plus encore la contraception est réprimée en tant qu’obscénité. Dans son combat, elle sera tour à tour la risée, bafouée, censurée, inculpée mais jusqu'au bout elle tiendra tête et finira par établir des cliniques de contrôle de naissance, aujourd'hui connues comme étant le planning familial.

Si j'ai été passionnée par la révolution menée par cette grande dame, j'ai trouvé dommage que l'auteure ne développe pas assez certains événements historiques et insiste un peu trop sur sa vie privée et sa relation avec les hommes.

Terrible vertu c'est l'histoire de la créatrice du planning familial, une femme libérée qui lutta pour la contraception et le droit d'expression des femmes aux États-Unis. Une icone  inspirante qu'il est bon de découvrir !

Les filles du 17 Swann Street - Yara Zgheib

 




Anna Roux était danseuse au ballet de l’Opéra de Paris quand elle a décidé de suivre l’homme de sa vie aux États-Unis. Seule face à ses angoisses – l’imperfection, l’échec, la solitude –, elle est emportée dans la spirale de l’anorexie mentale, et finit par ne peser que 40 kg. Contrainte de se faire soigner, elle est admise au 17 Swann Street, une maison rose où des femmes aux visages fantomatiques s’efforcent de vaincre leurs troubles alimentaires. Des femmes comme Emm, la cheffe du groupe ; Julia, toujours affamée ; ou la discrète Valérie. Ensemble, elles combattent leurs démons et affrontent six repas quotidiens. Chaque bouchée est une épreuve. Chaque calorie un déferlement de culpabilité. Et chaque pas vers la guérison réclame une force et une bravoure peu communes, qu’Anna va devoir trouver auprès de ses amies du 17 Swann Street.


Encore un livre qui m'a tapée dans l'oeil de part sa thématique mais aussi pour la découverte de cette nouvelle auteure pour son premier roman, eh quel roman !

Les filles du 17 Swann Street met en scène une maison rose qui accueille des résidentes atteintes de troubles du comportement alimentaire. Nous y suivons plus particulièrement Anna, ancienne danseuse du ballet de l'Opéra de Paris en proie à des démons qu'elle n'arrive plus à combattre. Entourée de son mari et de sa famille, deux choix s'offrent à elle : laisser tomber et mourir ou se battre et s'en sortir.

L'état de santé d'Anna (tout comme celui des autres résidentes) est dur à lire, d'un côté elle n'a pas plus ni les ressources, ni l'envie de s'en sortir mais d'un autre son mari est plus présent que jamais pour l'accompagner en lui répétant sans cesse qu'il ne la laissera jamais tomber malgré les difficultés à surmonter. Une belle preuve d'amour car l'on sait que la famille et l'entourage des personnes atteintes de TCA sont des victimes collatérales de cette maladie et en souffrent énormément.

Tout au long du récit, des paragraphes en italique alternent avec le quotidien au 17 Swann Street, Anna nous parle du passé, comment et pourquoi elle en est arrivée à ne plus manger mais aussi les conséquences, sa descente aux enfers.

Nous comprenons en tournant la dernière page que plus qu'un récit c'est une part de l'histoire de l'auteure, elle y décrit les hauts et les bas de cette maladie qui reste bien mal connue. Les filles du 17 Swann Street sont attachantes et ont chacune le même objectif s'en sortir tant bien que mal, la solidarité qui règne dans cette maison est extraordinaire et exemplaire.

Yara Zgheib signe un premier roman, brillant, exploitant une thématique qui je suis sûre aidera de nombreuses personnes dans le cas des filles du 17 Swann Street. Un début prometteur!


jeudi 16 juillet 2020

Juste une fois pour essayer - Élodie Garnier





Rien ne prédestinait Élodie et Sara à se rencontrer.
À Paris, Élodie mène une vie à cent à l’heure jusqu’au jour où elle plaque tout pour trouver refuge chez sa grandmère, dans le centre de la France. Là, elle prend ses marques, se reconnecte à elle-même et fait la rencontre de Sara, une trentenaire à la vie bien rangée sur le point de se marier.
Un soir, alors que Sara n’avait jamais ressenti le moindre désir pour une femme, elle lui confie avoir envie d’elle.
Une fois, comme ça.
Juste une fois pour essayer.


C'est totalement par hasard que je suis tombée sur ce livre en parcourant mon fil d'actualité sur Instagram, je n'aime pas la romance en général et encore moins dans la littérature car je trouve les protagonistes et les situations trop exagérés alors comment expliquer que j'ai englouti celui-ci? Sûrement mon expérience personnelle et le fait que je trouve qu'on ne parle pas assez d'homosexualité féminine dans les livres ou du moins pas aussi bien, sans cliché et sans niaiserie!!

Juste une fois pour essayer, c'est l'histoire d'une rencontre imprévue, celle que le destin met sur votre chemin, celle qui vous renverse : l'histoire de Sara et Élodie. Il aura fallu d'une phrase lancée tel un défi pour que l'existence de ces deux êtres soit bouleversée. Une phrase banale dite sans penser aux conséquences, innocemment, c'est bien connu l'inconnu attire mais finalement peut-on essayer juste une fois sans qu'il n'y ait un impact ?

Cette histoire représente un panel de sentiments et d'états différents, le couple passe du malaise à l'apaisement, du bonheur à la tristesse, de la fusion à la scission, c'est une histoire ambivalente, faite de montagnes russes et de retournements haletants, à tel point que les chapitres s'enfilent vitesse grand v et qu'il est impossible de lâcher le livre sans se demande où tout cela va nous mener. Plusieurs fois on peut se demander pourquoi l'une des deux ne lâche pas lorsque cela va trop loin mais l'on comprend aussi qu'entre Sara et Elodie c'est une histoire dévorante qui les unie, une tornade d'amour qui marque une vie comme l'on en connait tous au moins une fois quelle que soit notre orientation.

Elodie Garnier maîtrise son sujet à la perfection, elle écrit avec spontanéité, nous raconte la réalité de cet amour, les moments les plus forts avec une plume poétique, on peut dire que pour une première, elle tape fort et met la barre haute pour une éventuelle prochaine publication (c'est toutes et tous ce qu'on espère non? :D). J'ai beaucoup apprécié la façon dont la relation entre deux femmes est abordée, c'est fait avec beaucoup de délicatesse, sans caricature ni préjugé, juste énormément de beauté et de respect <3. 


dimanche 21 juin 2020

Le roman de Molly N - Sophie Carquain




Pour ses amis, sa famille, ses voisins, Molly Norris a disparu en septembre 2010. En quelques jours, presque toute trace de son passage sur Terre a été effacée. Elle a intégré le programme de protection des témoins du FBI. Molly était caricaturiste et elle a pris parti en pleine polémique sur les représentations du prophète Mahomet. Son dessin est devenu viral, les menaces de mort ont afflué, son monde s'est emballé. Cela va faire 10 ans qu'elle a disparu.


J'aime particulièrement découvrir le portrait de ces femmes qui grâce au travail d'un auteur sortent de l'ombre. C'est le cas de Molly Norris, le travail de Sophie Carquain sur cette affaire est époustouflant malgré le côté romancé, elle aborde avec brio certains sujets peu connus ou même méconnus comme par exemple entre autres l'intégration du programme de protection de témoins par le FBI, sa mise en place et ses conséquences.

Le roman de Molly N c'est l'histoire vraie d'une caricaturiste qui n'a pas froid aux yeux et qui refuse d'abandonner devant le danger. Suite à un concours de caricatures du prophète Mahomet, la mauvaise nouvelle tombe, elle devient l'ennemie n°1 et se retrouve menacée par une fatwa, elle disparaît de la circulation en septembre 2010 après avoir intégré le programme de protection des témoins.

Ce livre transpire la passion, c'est le moins que l'on puisse dire ! Sophie Carquain y a mis du coeur et ça se sent, à mi-chemin entre l'enquête journalistique et la biographie romancée, nous faisons la connaissance de Molly N. Découverte par l'auteure à la télévision le 7 janvier 2015 lors de l'attentat contre Charlie Hebdo. Alors que les portraits des dessinateurs apparaissaient à l'écran, celui de la caricaturiste américaine est apparu pour la première fois et n'a jamais plus quitté Sophie Carquain.

L'auteure s'est rendue sur les lieux qu'elle avait l'habitude de fréquenter, est rentrée en contact avec des personnes de son entourage dans le but de s'imprégner de son histoire mais également pour comprendre comment elle en est arrivée à sacrifier sa vie en refusant de renoncer à sa liberté d'expression emportant avec elle dans sa descente infernale, sa fille. 

La liberté d'expression est un débat sans fin, jusqu'à quel point sommes-nous libre? Devons-nous défendre envers et contre tout/tous nos idées? Pouvons-nous rire de tout? Ces dernières années la liberté d'expression a beaucoup souffert à cause de l’idéologie terroriste mais la peur doit-elle empêcher de vivre? 

La deuxième partie de l'histoire est plus axée sur la vie de Molly après sa disparition, bien que les faits soient fictifs, l'immersion est totale et on ne peut s'empêcher de s'attacher aux personnages qui doivent refaire leur vie loin de leur familles, ami(e)s et même animal de compagnie, une attention de tous les instants pour ne pas être découvertes pour éviter que la folie humaine surgisse. 


Gros coup de cœur pour ce livre très documenté et travaillé, il nous invite à nous questionner sur la liberté qui est sacrée mais aussi pour tous ces professionnel(le)s qui sacrifient leur vie au nom de la liberté d'expression pour un monde plus libre!