vendredi 9 septembre 2016

Je veux revoir maman

Auteur : Alain Vinvenot
Editions : des Syrtes
Parution : janvier 2005













" Il fallait du pain, il fallait des sous, il fallait manger et se protéger.
Il fallait protéger ses enfants. Il fallait courir tous les dangers. Il fallait dire à sa fille : "Va, tu ne risques rien. Va ma fille. Demande un peu plus de pain, un peu plus de viande. Débrouille-toi." Il fallait ne pas dépenser tous ses tickets. Cacher son étoile. Aller le soir sans étoile. Il fallait s'occuper des gamines et du bébé. Il fallait donner les tickets du vin à certains voisins pour qu'ils veuillent bien se taire. Il fallait regarder la rue. Il fallait prendre le train. Il fallait prendre le bon train. Il fallait ne pas faire pleurer la petite. Il fallait demander le bon renseignement. Regarder dans les yeux le bon flic, le bon quidam. Il fallait envisager le repli. Il fallait envisager la famille qui aiderait. Il fallait monter les escaliers. Déchirer les scellés. Prendre du tissu. Descendre l'escalier sans se faire remarquer.
Aller au dispensaire. Chercher un passeur. Prendre des nouvelles. Dire il faut qu'on parte. Dire non, il faut rester, le danger est trop grand. Dire oui très vite. Il fallait s'appuyer sur plus faible que soi. Sur éventuellement plus fort. Sur le goy. II fallait savoir le prix à payer. A ne pas payer. Il fallait penser au pire. A la mort. A la vie aussi. Surtout, il fallait survivre... " 



Ce livre recense les témoignages de 19 enfants cachés durant l'occupation voici leurs noms, prénoms et âge en 1940 :

Nelly Schaparan, 4 ans, Sarah Tieder-Kaminsky, 14 ans, Sami Dassa, 3 ans, Jeannette Swita-Wolgust, 11 ans, Salomon Galdbart, 2 ans, Liliane Goldberg-Lancry, 2 ans,  Wolf-Sam Jakubowitz-Jacquet, 12 ans, David Fuchs, 6 ans, Estéra Fuchs-Gireau, 8 ans, Léon Wodowski-Vermont, 11 ans, Simon Liwerant, 12  ans, Fernand Fikman, 5 ans, Marcel Apeloig, 6 ans, Ida Rozenberg-Apeloig, 3 ans, Jean-Michel Rosenfeld, 6 ans, Julien Engel, 7 ans, Edmond Benaderette, 8 ans, Simone Miliband-Fenal, 7 ans, Robert Carles, 11 ans, Gilberte Czyzyk-Eugenie, 5ans

Ces personnes ont toutes en commun le fait d'avoir été victimes des nazis, d'avoir été arrachées à leurs familles alors qu'elles n'étaient encore que des enfants. A travers leurs témoignages nous découvrons le monde des enfants cachés qui ont survécus aux horreurs de la guerre mais qui ont dû grandir avec de nombreux traumatismes en passant leur vie sous silence et en attendant inlassablement le retour de leurs parents. Tous ressortent leurs souvenirs d'enfance pour nous raconter leurs parcours et nous décrire ce qu'à été la période de l'occupation à travers des yeux d'enfants.

C'est aussi un grand hommage pour les Justes, ces personnes qui se sont démenées au péril de leur vie pour sauver d'autres vies en organisant des réseaux de résistance, en hébergeant plusieurs enfants juifs en les considérant comme leurs propres enfants. C'est beau, c'est héroïque, c'est un devoir de mémoire que de ne pas oublier ces résistants qui ont tenté le tout pour le tout sans aucune contrepartie, juste de l'humanité.

3 commentaires:

  1. Wow ça doit être sacrément prenant comme recueil! Je ne suis pas certaine d'avoir les armes nécessaires moralement pour affronter le regard d'enfants sur l'horreur. Mais c'est essentiel pour le devoir de mémoire.

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    1. Je suis bien d'accord c'est essentiel, ces témoignages sont toujours un crève coeur je comprends que tout le monde ne puisse pas lire ce genre d'ouvrage, c'est tellement dur

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  2. Étant une grande intéressée par cette époque, c'est un témoignage qui pourrait me plaire. Toutefois, cela doit être très très dur à lire, on est bien d'accord ! Je note.

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