samedi 9 mai 2015

Les amours de ma mère

Auteur : Peter SCHNEIDER
Traductrice:  Nicole CASANOVA
                  Editions : Grasset

                  Parution : mars 2015
 Pages :272
   Prix : 20












Pendant des années, de maison en maison, Peter Schneider a transporté un carton contenant la correspondance de sa mère. A l'âge où l'on se rend compte qu'on a vécu plus de temps qu'il ne nous en reste à vivre, il se décide à l'ouvrir. Une lecture ahurissante : l'image traditionnelle de l'épouse qui s'est sacrifiée pour ses enfants, décédée alors qu'il avait moins d'une dizaine d'années, vole en éclats. Cette femme qu'il a peu connu n'a pas seulement aimé ses quatre enfants et son mari, mais aussi, éperdument, le meilleur ami de celui-ci, un célèbre metteur en scène d'opéras.


Je remercie chaleureusement les éditions Grasset pour cet envoi, ainsi que pour m'avoir permis de passer un bon moment avec cette lecture.

Pour commencer, je trouve la couverture de cet ouvrage tout à fait adéquate avec l'histoire. En effet  l'image du ciel, et de la mer, nous donne une sensation de liberté, d'immensité avec un teint gris, cela reflète totalement le portrait de la mère de Peter Schneider.

 Nous n'avons pas beaucoup d'information sur cette femme, mis à part que c'est une femme moderne, en avance sur son temps.  Son mari Heinrich est musicien et il est souvent absent, elle se retrouve seule à élever ses 4 enfants en Allemagne pendant une période maudite : la seconde guerre mondiale. Cette femme va devoir se débrouiller pour nourrir ses enfants avec les tickets de rationnement, gagner des sous grâce à des services rendus, vivre au milieu des hurlements des sirènes, de bruits d'avions, des bombardements... Certains passages comme celui-ci sont poignants :

"Mais tous ces drames ne décrivent pas la plus grande détresse de ma mère. Presque sourde, souffrant d'une insensibilité provisoire, elle passe  avec ses enfants devant les ruines et les cratères de bombes, devant les camions pleins de cadavres brûlés et en décomposition, devant les morts et les blessés graves. L'aiguillon qu'elle porte dans le cœur, qui ronge sa volonté de vivre et la tue presque, n'a rien à voir avec la guerre"

Dans ces échanges épistolaires, il y'a bien  plusieurs prénoms d'hommes qui passent, mais un seul revient le plus souvent : Andréas. Un amant décrit comme tendre et pleins d'égards et en même temps un homme poussé par ses pulsions et qui ne s'excuse pas de son égoïsme. C'est lui qui décide, il la soumet à sa volonté, à du mal à communiquer, mais elle l'aime comme il est. 
 Peter Schneider va aussi  apprendre des choses sur son père, comme le fait qu'il ait  participé à un groupe musical dans les jeunesses Hitlériennes, ou le fait qu'il ait passé 2 jours dans le quartier général d'Hitler,  il va apprendre également qu'il connaissait aussi la relation que sa femme  entretenait avec son meilleur ami Andréas...

Malgré  des chapitres que j'ai trouvé un peu longs au départ, j'ai beaucoup apprécié découvrir cet auteur  que je ne connaissais pas, son écriture est belle et entraînante, elle nous pousse à en savoir toujours plus sur la vie de cette femme. Ce n'est pas une lecture qui se lit d'un traite, elle se déguste petit à petit et nous prouve toute l'importance des traces du passé, comme des photos, des lettres, des mots... afin d'entretenir les souvenirs et ainsi continuer à les partager avec les générations suivantes. Je vous conseille vivement de découvrir l'histoire d'une femme dont le désir d'écriture n'a pu s'accomplir qu'à travers ces correspondances.

3 commentaires:

  1. J'ai vaguement entendu parlé de ce livre et déjà, le résumé m'avait mis la puce à l'oreille, mais après avoir lu ta chronique, je suis maintenant sûre de vouloir le lire ! Merci pour cette belle découverte !

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  2. Ta chronique et le résumé me donnent envie de le lire ^^

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  3. Tu m'as donné envie de le lire, merci beaucoup, je l'ajoute à ma wishlist :-)

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